Le pouvoir de l’odorat sur
notre inconscient
La plupart d’entre nous possèdons
cinq sens. Bien qu’ils soient tous
très importants, force est de
reconnaître qu’il y en a
un pour lequel nous avons franchement
peu de considérations : l’odorat.
À l’inverse des autres mammifères,
l’être humain a tendance à beaucoup
négliger l’odorat et à ne
se fier qu’à ce qu’il
voit.
Le fait que nous n’ayons pas de
noms pour distinguer les odeurs les unes
des autres alors que nous en avons pour
les couleurs et pour les sons démontre
assez bien le mépris dans lequel
nous les tenons.
Et pourtant, l’odorat est le plus
primitif de nos sens, celui qui fut le
premier à apparaître dans
l’histoire de l’évolution.
Ainsi, on a pu observer que les odeurs
sont parfaitement perçues chez
le nouveau-né alors que toutes
les autres sensations restent encore
floues pour lui.
Par ailleurs, qui ne s’est pas un
jour trouvé envahi par des souvenirs
d’enfance en passant devant une
boulangerie ? Même très
légère, l’odeur d’un
gâteau qui cuit ne nous ramène-t-elle
pas immanquablement à la conscience
des moments très précis
de l’époque où nous étions
encore écoliers ?
Que dire de l’odeur de café frais
moulu qui nous enivre en entrant chez
un torréfacteur ou dans un café,
ou de ce plat parfumé qui fait
monter l’eau à la bouche
et nous met en appétit ?
Que penser de cette lotion pour le corps
au parfum particulièrement exquis
qui nous donne un sentiment de bien-être
et de volupté ?
N’oublions surtout pas notre odeur
corporelle qui, très simplement,
joue un rôle essentiel dans les
relations intimes et sexuelles. En effet,
la libido a beaucoup à voir avec
l’olfaction. C’est d’ailleurs
pourquoi certaines huiles ont le pouvoir
de provoquer le désir.
De plus, l’odorat nous permet de
percevoir, instinctivement, ce que d’autres
sens ne sont pas capables de saisir :
une météo qui s’annonce
menaçante, l’« aura » toute
particulière de quelqu’un,
ou encore l’odeur unique d’un
individu que les parfums ne peuvent jamais
tout à fait masquer.
Le nez joue un rôle plus important
qu’on ne le croit dans les relations
intersubjectives.
Ce n’est pas par hasard si l’on
dit de deux personnes qui se détestent
qu’elles ne « peuvent
pas se sentir » : chaque
individu possède une odeur corporelle
qui lui est propre et à laquelle
nous sommes très sensibles, même
si la plupart du temps nous n’en
avons absolument pas conscience.
Nous touchons là à quelque
chose de très ancien, à un
instinct hérité de nos
ancêtres préhistoriques
qui se reniflaient pour faire connaissance…
Mécanismes de l’odorat
Les cellules sensorielles de l’olfaction
sont situées dans le haut des
fosses nasales, à l’intérieur
d’une muqueuse appelée « épithélium
olfactif ». Ces cellules sont
prolongées par des fibres qui
s’étendent jusqu’au
bulbe olfactif, lui-même relié aux
régions olfactives du cerveau.
Les molécules odorantes sont dissoutes
dans le mucus nasal et stimulent les
cils des cellules sensorielles, déclenchant
du même coup une impulsion nerveuse.
L’impulsion voyage le long des
fibres qui passent à travers les
orifices de l’os ethmoïde
avant de rejoindre le bulbe olfactif,
où elles entrent en contact avec
les nerfs olfactifs.
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